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Portrait bobo d’Olivier Delsalle, directeur du Festival Ile de France

Cela fait déjà quelques mois que nous avons crée cette rubrique « Portraits de Bobos » dans laquelle nous vous présentons des personnalités fortes qui sont à l’origine de projets qui ont touché notre sensibilité de Bobos dans des domaines aussi variés que la littérature, le théâtre, l’art ou bien encore la mode avec notre dernière interview du collectif Studiomazé. Cette fois-ci on a eu la chance d’interviewer Olivier Delsalle, qui est ni plus ni mois, le directeur du super Festival de musique « d’Ile de France », qui comme son nom l’indique se déroule en Ile de France du 3 septembre au 9 octobre 2016. Son but ? Promouvoir la diversité culturelle et proposer des voyages musicaux incroyables aux quatre coins de l’Ile de France, y compris dans des endroits pas forcément bien desservis par l’actualité culturelle. Évidement, on ne peut que valider cette démarche, c’est donc tout naturellement que l’on a voulu en savoir plus sur l’homme qui se cache derrière ce festival…

©Youri Lenquette; France. Paris. 06/2010. Olivier Delsalle.Directeur du
©Youri Lenquette

1 –  Racontez-nous un peu la genèse du Festival Ile de France : comment est-il né ?

Le Festival d’Ile de France est né il y a tout juste 40 ans d’une initiative portée par la Région d’Île-de-France, Son objet, toujours d’actualité, est de faire découvrir la richesse du patrimoine francilien par l’organisation de concerts. Essentiellement dédié à la musique classique occidentale à ses débuts, le festival s’est ouvert peu à peu à d’autres influences et styles musicaux.

2- Pour faire simple : comment décririez-vous ce festival ?

C’est avant tout une invitation au voyage : un voyage géographique à la découverte de la diversité du territoire et du patrimoine francilien (patrimoine bâti et non bâti, sacré ou profane, etc.); un voyage musical à travers une pluralité de répertoires et de genres musicaux (musique classique, du médiéval à la création contemporaine, musiques traditionnelles et musiques actuelles) avec bien souvent des mises en perspectives de ces répertoires. C’est également un festival de création : environ la moitié des programmes proposés sont des programmes inédits.

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3 –  Comment choisissez-vous les artistes que vous présentez durant le festival ?

Les artistes sont bien sûr choisis au regard de la qualité et de l’originalité de leurs propositions, en fonction de la thématique du festival, renouvelée chaque année, et de l’équilibre nécessaire des répertoires au sein de la programmation. Par ailleurs, l’une de notre singularité étant d’être dans des lieux du patrimoine, un artiste ou un programme est également choisi en fonction de la nature des lieux que nous investissons.

4 – Pouvez-vous nous présenter un peu plus en détail l’édition de cette année (qui aura lieu du 3 septembre au 9 octobre) ?

Le festival s’articule chaque année autour d’une thématique, qui fédère l’ensemble de nos concerts et des actions que nous organisons telles que les conférences, les débats, etc.  Cette année est un peu particulière puisque nous célébrons nos quarante ans, l’occasion pour nous de réaffirmer l’identité de la manifestation. Nous aurons ainsi 33 concerts dans 29 lieux du patrimoine répartis sur les 8 départements. Des bals viendront rythmer le festival toutes les semaines : l’Ultra bal avec Fixi, un bal québécois, le bal rital, un bal brésilien ou encore le bal de l’Afrique enchantée. Enfin, reprenant le principe du festival de dialogue entre les musiques, nous avons imaginé des diptyques où un même thème pourra être abordé avec deux genres musicaux différents. Ainsi la poésie de Garcia Lorca sera présente à la fois dans un concert de musique contemporaine où seront jouées des œuvres de Georges Crumb et de Frédéric Pattar, et dans un concert de flamenco réunissant Arcangel et Rocio Marquez.

5 – Quels sont vos artistes « coup de cœur » de cette année, ceux qu’il ne faut « absolument pas rater » ?

Difficile question ! Il y a 29 projets cette année, et chacun d’entre eux apporte sa spécificité et sa richesse, la programmation étant conçue et pensée comme un tout, une globalité. Alors peut-être suis-je assez impatient d’entendre certaines créations ou concerts inédits : celle d’Antonio Zambujo sur des compostions de Chico Buarque (3 sept.), notre journée dédiée à la fantastique scène de Sao Paulo (4 sep.), la création de Sonia Wieder-Atherton (10 sept.), celle de Vincent Peirani (et 30 sept), de Bugge Wesseltoft (6 oct.),  notre soirée consacrée à la scène actuelle du Caire (7 oct.), ou le nouveau live de Mashrou’Leila, sans oublier la rencontre au sommet entre Konono N°1 et Batida (24 sept) . Et puis comme l’un des fils conducteur cette année est l’organisation de bals hebdomadaires, je donne rendez-vous le 9 octobre pour un Bal de l’Afrique Enchantée inédit avec de nombreux guests (Yuri Buenaventura, Baloji, Mamani Keita, ..)

6 – Avec le Festival Ile de France avez-vous décidé de viser un public en particulier ?

Si les répertoires présentés induisent parfois un public en particulier, toute notre action est au contraire de décloisonner les genres musicaux et de faire se croiser les publics. Ainsi, nous constatons une vraie circulation géographique des publics. En général 50% du public d’un concert est issu du bassin de vie dans lequel nous nous installons et l’autre moitié de la salle vient de toute la région. Par ailleurs, nous constatons aussi une circulation entre les répertoires que nous encourageons par tout un programme de formation et de développement des publics.

7 – Votre festival met en avant la diversité culturelle, avec une programmation ouverte sur les rencontres et le dialogue des répertoires et des esthétiques différents, selon-vous est-ce des thématiques typiquement « bobos » ?

Je ne sais pas.Sans doute faudrait-il définir ce que vous entendez par « bobos ». De part la multiplicité des lieux investis et la diversité des musiques présentées, le festival est une manifestation originale, comme il en existe peu à ma connaissance. La circulation des artistes et du public, la découverte des lieux, les mises en regards et le décloisonnement des répertoires, les mises en lumière de filiations musicales, les actions de formation et de développement des publics sont au cœur de son action et va je pense bien au-delà des étiquettes. Le festival est, comme la musique, profondément ancré dans les interrogations de son temps.

8 – Question subsidiaire :  Est-ce que ce serait plutôt un compliment ou une insulte de qualifier votre festival de « bobo » ?

Ni l’un ni l’autre à vrai dire.. J’aime à penser que nous sommes loin des clichés  et que nous continuons de surprendre.

9 – Et enfin, pour conclure, quels sont vos futurs projets pour le Festival d’Ile de France ?

Le Festival d’Ile de France est une manifestation qui rencontre un succès croissant d’année en année, qui a su évoluer, s’adapter, notamment en élargissant les répertoires présentés et la notion de patrimoine. C’est une alchimie délicate compte tenu notamment de la dimension de son territoire d’action. Il doit être un lieu de dialogue et de découverte, un espace d’innovation et de création et donc d’une certaine prise de risques artistiques.

La création musicale actuelle et la richesse du patrimoine francilien sont des ressources inépuisables d’inspiration. Elles permettent une palette de couleurs que l’on peut décliner presque à l’infini.  J’aimerais continuer de donner une place aux musiciens novateurs – et ils sont nombreux ! – qui explorent des formes nouvelles de concerts et qui sont de plus en plus transversaux dans leurs univers créatifs (tout comme le public est de plus en plus éclectique dans ses pratiques et ses écoutes, me semble-t-il). Nous travaillons par ailleurs déjà beaucoup avec les lycéens franciliens et les pratiques amateurs, avec des actions menées à l’année. C’est un volet important de notre activité que je souhaiterais conforter et développer.

Pour en savoir plus rendez-vous sur le site Festival Ile de France

Maud

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Author: bobosvoientdouble